Saint-Pétersbourg en janvier

15 février 2017
  • Vos Avis & Témoignages

Partir découvrir Saint-Petersbourg en hiver, bonne ou mauvaise idée ? En fait c’est plutôt une très bonne idée ! Certes, le ciel peut être tout aussi chargé de nuages annonciateurs de neige que la ville d’Histoire : là-bas, à la fin de chaque mois, la météo annonce le nombre de minutes d’ensoleillement ! Les représentations de palais pastel sublimés par une neige immaculée et étincelante de soleil ne reflètent pas précisément le quotidien : les amoureux de la photo devront donc compter avec la chance, ou prolonger leur séjour jusqu’au moment de pouvoir capter toute la magie d’une ville imaginée il y a 300 ans par un souverain visionnaire, Pierre Le Grand, qui souhaitait une porte sur l’Europe. Mais quoi qu’il en soit, l’accueil chaleureux, la gentillesse des russes et les dorures des palais compensent avantageusement le manque de soleil.

En effet, si la météo n’est pas avec vous, à défaut de parcourir de long en large la ville surnommée parfois la Venise du Nord tant elle est en osmose avec la Neva – titre qu’elle ne revendique pas vraiment tant sa personnalité lui est propre-, passant d’un pont à l’autre pour découvrir les îles qui la composent, il faut investir les palais et musées qui, en cette basse saison, sont peu fréquentés : quel bonheur de pouvoir s’attarder sur une œuvre, de prendre le temps et la mesure, dans chaque salle, de la magnificence des décors qui vous laissent ébahis, émerveillés.

Au cœur de cette grande ville, le long des canaux aux eaux gelées, les palais de la noblesse se bousculent dont celui des Princes Youssopov où fut assassiné le très controversé Raspoutine tant influent auprès de la tsarine Alexandra Feodorovna. La richesse immense de cette famille n’avait rien à envier à celle des tsars : leurs palais recelaient des collections de tableaux, d’objets, de sculptures, de bijoux inestimables constituées par les princes Nicolas Borissovitch Ioussoupov (1751-1831) et Nicolas Borissovitch Ioussoupov (1827-1891) en même temps qu’ils parcouraient l’Europe pour acquérir des œuvres pour leur tsar.

Deux sphinx vous y accueillent, gardiennes d’un escalier de marbre colossal commandé en France. Il est une invitation à découvrir ce palais dont les salles, aux sols marquetés et plafonds richement décorés, rivalisent de beauté, de styles s’inspirant de la grandeur de la Grèce antique.

Il faut aussi pousser les portes du musée Fabergé surplombant les eaux de la Moïka. Outre ses admirables collections d’argenterie, d’émaux, d’objets du quotidien magnifiés par le talent d’artistes, sans oublier bien sûr les célèbres œufs de Karl Fabergé, il offre une succession de salles somptueuses.

Les églises orthodoxes et catholiques n’ont rien à envier à ces palais. Elles sont aussi de véritables joyaux érigés à la gloire de Dieu…. Un défi à l’impossible !

De l’église de l’Assomption, décorée dans le style néo byzantin, à Saint-Sauveur sur le Sang, construit à l’endroit même où fut assassiné Alexandre II, en passant par Saint-Isaac la « catholique » ce ne sont qu’écrins qui exposent les talents extraordinaires, et l’adjectif prend ici tout son sens, d’artistes qui se sont surpassés. Ce n’est qu’un feu d’artifice de couleurs qui jaillit des sols pour monter à l’assaut des murs, des colonnes et envahir les niches et plafonds dans les moindres recoins. Les bulbes dorés et multicolores, les dômes et les flèches s’élancent dans le ciel de Saint-Pétersbourg comme des phares pour vous guider.

A 30 mn de la ville, deux destinations sont incontournables :

Tsarskoïe Selo, le village du Tsar. Cet admirable palais à la façade bleu pastel, où colonnes et atlantes se partagent l’espace, et surmonté d’élégants bulbes dorés, vous réserve bien des surprises…. En pénétrant dans le palais, dans le hall d’entrée magnifiquement décoré, un escalier de marbre imposant vous accueille et vous conduit dans la « galerie des glaces  » … on est époustouflé par le faste de cette vaste salle où portes et miroirs se succèdent, habillées de volutes et personnages dorées, sculptés dans le bois tendre du tilleul. Au fil de la visite alternent, d’une salle à l’autre, les styles baroque et néo-classique au milieu desquelles le Salon chinois, « made in » Russie affiche toute son originalité. 

Le palais de Perterhof, au bord du golfe de Finlande. Pierre le Grand s’inspira de Versailles, qu’il visita après la mort du roi Soleil, pour bâtir ce palais…. en plus luxueux. Le réseau des superbes fontaines et canaux bénéficièrent ainsi de l’évolution des techniques 40 ans après Versailles. Dans la grande salle du palais, consacrée au repas officiel et bals, les magnifiques lustres prodiguent des reflets mauves, résultat savant d’un mélange d’or et de manganèse dans la pureté du cristal. Le Cabinet de chêne de Pierre Le Grand, aux murs parés de panneaux de bois, meublé et décoré de certains objets fabriqués par le Tsar lui-même, rappelle sa passion pour la mer et ses dons multiples. Les couleurs s’invitent de pièce en pièce ; ici la salle bleue, la pièce d’ambre, ailleurs la salle cramoisie parce que tendue de soie rouge.

Aux côtés des tapisseries lyonnaises, soieries russes, porcelaine de Mayence, vaisselle de Wedgwood, tableaux, imitation de meubles de l’ébéniste français Charles Boule … s’invitent des objets du quotidien insolites mais tout aussi raffinés …. une boîte à mouches, un crochet pour défaire les lacets des corsets ! Ce sont autant d’œuvres, d’artistes italiens, français, russes …. qui ont contribué à la grandeur de Perterhof mais également à tant d’autres palais et résidences princières. Quand on a vu tous ces trésors et lorsque l’on sait que Peterhof fut en grande partie détruit pendant la 2ème Guerre Mondiale (et le siège de Léningrad) puis reconstruit et restauré à l’identique, on est presque incrédule devant ces prouesses qui furent réalisées par une nouvelle génération d’artistes mais aussi des volontaires.

Il est temps de faire une pause. Et pourquoi pas gourmande ! La très fine épicerie Elisseev, adresse incontournable, vous invite, derrière sa superbe façade Art Nouveau, à venir déguster, dans un décor raffiné, ses produits russes et succulentes pâtisseries. Laissez-vous tenter et surtout si vous êtes un inconditionnel du chocolat, goûtez leur véritable chocolat chaud et onctueux 100 % cacao ! Une fois revigoré, partez musarder le long de Nevski Prospect, les Champs Elysées de Saint-Pétersbourg, bordée de part et d’autre de bâtiments imposants eux aussi chargés d’histoire.

C’est sur cette longue avenue de 5 km que se finit cette échappée dans cette belle Venise du Nord, enveloppée dans son manteau blanc. Les beaux jours offriront à leur tour d’autres balades, d’autres plaisirs, mais il faudra affronter les foules ! Alors n’hésitez pas ….osez y aller en hiver 🙂 !

NORD ESPACES / Julia: Merci Lydie pour ce beau carnet du voyage qui me donne envie de revenir à  Saint-Pétersbourg en hiver. Je partage avec tout le monde les images de mon propre voyage

Par Lydie Difonis, texte & photos (au retour du voyage)

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