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Le Danemark au cœur (1/4) Copenhague

4 mai 2020
  • Récits & Carnets de voyage

Me revoilà à Copenhague, cette ville que j’aime tant. Pourtant mon séjour y sera de courte durée. Ce n’est pas l’envie de le prolonger qui manque mais cette fois mon but est autre. Je compte bien me rendre jusqu’à Grenen, la pointe nord du Danemark située sur la presqu’île du Jutland. Mais revenons pour l’instant à l’île de Sjaelland où trône, tel un diamant, la sublime capitale danoise. Levée de bonne heure malgré une arrivée tardive la veille au soir, je décale mon petit-déjeuner, trop pressée de mettre le nez dehors. Nous sommes déjà fin mai. J’ai quitté un Paris pluvieux, maussade et étrangement glacial. Le ciel est ici d’un bleu azur. Le soleil caresse la façade de l’hôtel de ville. La statuette dorée d’Absalon, évêque fondateur de la cité, brille de mille feux. Saisissant passage du gris à la couleur. Sourire aux lèvres, je suis heureuse de retrouver intacte cette sensation de plénitude qui règne sur la ville. Une sorte de décontraction joyeuse. Les Danois ne sont pas encore en week-end. Je les observe se rendre à leur travail : à pied, en voiture et surtout à vélo. Les pistes cyclables sont très fréquentées. Ils n’en oublient pas pour autant le plaisir de déguster un bon café tout en pédalant. Il est temps que je retourne à l’hôtel pour apprécier mon propre petit-déjeuner.

Le château de Christiansborg (1733-1928) par Jens Peter Olesen
Le château de Christiansborg (1733-1928) par Jens Peter Olesen

Le Château et les hommes sirènes

Au programme ce matin : un rapide tour de ville pédestre avec notre guide, Anita. Arrivés devant la face Sud de Christiansborg (ou « Borgen » pour les intimes ; édifice regroupant le Parlement, le cabinet du Premier Ministre et la Cour suprême), nous assistons à un moment délicieux. Les chevaux de la reine sont à leur entraînement quotidien. On les sort des écuries royales pour leur faire faire un peu d’exercice et les habituer au bruit, au monde afin qu’ils soient fin prêts pour affronter la foule lors des parades et grands évènements royaux. Si vous avez de la chance, vous les apercevrez aussi dans la rue (de mi-juin à début août, pas la peine de les guetter, ils sont en vacances dans les pâturages !).

La Petite Sirène (1913), photo d'Ange Loron
La Petite Sirène (1913), photo d’Ange Loron

Nous avançons gaiement lorsque tout à coup, Anita nous demande de nous arrêter au niveau du pont d’Hojbro. Là, son regard se dirige vers le canal. Elle penche la tête et nous suivons interloqués son mouvement. Elle scrute l’eau. Nous faisons de même. Oooh… Mais… Il y a des personnes sous l’eau ? Incroyable ! Une artiste du nom de Susten Bonnen a sculpté un homme sirène et ses sept fils. Ce sont les personnages d’un conte écrit par Hans Christian Andersen. Ils se languissent de retrouver leur épouse/mère partie après avoir été tentée (définitivement ?) par les joies d’une vie plus terrienne. Une sculpture touchante qui rappelle celle de la Petite Sirène. Je ne le sais pas encore, mais je repasserai plus près de cette œuvre quelques mois plus tard… en kayak !

Nyhavn entre chien et dragons

Nous jetons un œil à la Bourse, magnifique bâtiment dont l’entrelacement de quatre queues de dragons forme la flèche.

La Bourse de Copenhague (1640) par Wolfgang Claussen
La Bourse de Copenhague (1640) par Wolfgang Claussen

Nous jetons un œil à la Bourse, magnifique bâtiment dont l’entrelacement de quatre queues de dragons forme la flèche. Puis nous filons vers Nyhavn, véritable carte postale de Copenhague avec ses édifices colorés et ses bateaux amarrés. Ancien quartier chaud des marins, le lieu est désormais le rendez-vous des touristes et des locaux. Les uns aiment s’attabler aux terrasses des restaurants quand les autres préfèrent s’asseoir au bord des quais autour d’une bonne bière et contempler le canal ou bien les passants. Le spectacle est partout.

Nyhavn par Bente Jønsson
Nyhavn par Bente Jønsson

Nous poursuivons la balade avec la visite du quartier latin, autrefois fréquenté par les étudiants dont la langue de travail était, comme à Paris, le latin. Toutes ces maisons à colombages aux couleurs ocre et sienne m’enchantent. Nous apercevons au loin la Tour Ronde (le plus ancien observatoire d’Europe encore en fonction). Me revient alors en mémoire un passage du Briquet. Dans ce conte, Andersen décrit les yeux d’un chien comme étant chacun aussi grand que la Tour Ronde (et si l’on sait qu’elle est haute de 34.8 mètres, c’est plus qu’impressionnant) !

La Tour Ronde (1642) à Copenhague par Avda
La Tour Ronde (1642) à Copenhague par Avda

Nous nous dirigeons ensuite vers Amalienborg et ses palais royaux, la Marmorkirken (l’Eglise de Marbre), l’Opéra…. Hélas, la montre est impitoyable, il est temps de prendre un taxi pour rejoindre l’île d’Amager.

Immersion à Den Blå Planet

Juste à côté de l’aéroport de Copenhague, face à la mer, un étrange bâtiment attire l’attention. Sa façade en aluminium semble recouverte d’écailles de poisson. Impossible de détecter le début et la fin de cette construction. Elle semble s’enrouler sur elle-même. Les architectes danois sont brillants ! Comment auriez-vous pensé, d’un point de vue architectural, la structure accueillant le plus grand aquarium d’Europe du Nord ? L’idée est tout simplement géniale : réaliser une spirale ! On retrouve ce motif partout dans la nature : galaxie, mouvement des bancs de poissons, etc. Lorsque vous entrez dans l’édifice, vous êtes emporté par ce tourbillon, comme entraîné sous la mer, dans un autre monde… Un voyage grisant !

Den Blå Planet (La Planète Bleue - 2013) par StudioKlick
Den Blå Planet (La Planète Bleue – 2013) par StudioKlick

A l’intérieur, une agréable pénombre. La lumière bleutée d’immenses aquariums nous attire irrésistiblement. La vie aquatique en 16/9ème. On chemine dans les circonvolutions marines. Puis la vue s’élargit encore, soudainement les écrans marins se dilatent telles des pupilles émerveillées devant tant de grâce et donnent naissance à un tunnel où la vie aquatique nous enveloppe. Les poissons passent ainsi au-dessus de nos têtes. Dans cet univers ouaté, tout semble ralenti, léger et serein. On passe des océans tropicaux aux eaux glacées du Grand Nord avec facilité et douceur comme dans un rêve. La visite n’a pas fini de vous étonner. Auriez-vous imaginé vous retrouver en plein cœur de la forêt amazonienne ? Luxuriance, humidité, chaleur. On avance dans cette nouvelle ambiance où les oiseaux se font entendre du haut des cimes. J’aperçois un toucan. Plus impressionnante encore est la présence des anacondas et des piranhas…. Au-delà du divertissement, Den Blå Planet est également un lieu d’études scientifiques.

La Marmorkirken (1749-1894) par Monica Volpin
La Marmorkirken (1749-1894) par Monica Volpin

Direction l’aéroport de Kastrup pour le vol domestique à destination de Karup dans le Jutland. Et là, je suis aussi saisie par la beauté ! Le couloir qui me mène au terminal 1 est féerique. Tout est d’un blanc immaculé. La lumière du jour projette ses carrés lumineux sur le sol, les murs, les arches comme si elle se livrait à une partie de dames avec la pénombre. La forme et la blancheur des arches sous lesquelles je passe me font penser aux os de baleines. Suis-je encore sous l’influence de ma visite précédente ?

A suivre…

Emilie

Le Danemark au coeur (2/4) Aarhus

Le Danemark en été

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Sébastien

Sébastien, passionné de voyages et d’écriture, contribue notamment à la communication de Nord Espaces.

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