La Vallée des Geysers lors de notre voyage au Kamtchatka

28 septembre 2017
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La Vallée des Geysers, interdite aux visiteurs jusqu’en 1991, se trouve dans la réserve naturelle Kronotski et fait partie du Patrimoine mondiale de l’Unesco. Accessible pour les touristes uniquement en hélicoptère, cette merveille naturelle se présente comme un canyon d’une profondeur de 400 mètres qui s’étend sur 8 kilomètres et héberge une rivière Geizernaya alimentée par des dizaines des geysers, des sources chaudes, des ruisseaux et des chutes d’eau. Tout autour de la rivière on observe des marmites de boue de taille et de couleur différentes, des mini-lacs bouillonnants et bien évidemment des geysers dans un paysage minéral extraordinaire où se marient des nuances de bleu, de gris, de blanc, ce à quoi se rajoutent toute la panoplie des algues thermophiles, des arbres et des arbustes épanouis. Tout ceci respire, ronfle, tousse, éternue, siffle et vit sa vie toute particulière dans un microclimat unique.

La neige fond ici plus vite, les plantes se réveillent plutôt, les baies murissent précocement ce qui attire animaux terrestres et oiseaux. Il n’est pas rare de voir un ours qui laisse les traces de ses pattes dans la boue et fait des tranchées dans la verdure avoisinante. Voilà pourquoi nous sommes toujours accompagnés d’un ranger armé d’un fusil.

Il faut environ 40 minutes de vol en hélicoptère pour arriver. Le vol n’est pas désagréable : un tel voyage dépend des conditions météorologiques que personne ne maitrise et il faut savoir profiter de ce que la chance ou les circonstances peuvent offrir de positif aux voyageurs ;

cette année, avec le beau temps, nous avons pu observer les volcans Bolshoi et Maly Semiatchik avec un magnifique lac turquoise dans son cratère. L’eau dans ce lac est composée de trois acides : sulfurique, chlorhydrique et nitrique. Les chimistes russes appellent ce cocktail la « vodka des Tsars ». Un canot pneumatique des volcanologues emporté par le vent au milieu du lac s’est complètement dissous en moins d’un mois.

Mais la vue du ciel est sublime. Le volcan Karimsky, en activité, se défend bien avec sa forme parfaite et des intenses fumées continues sortant du cratère.

A l’arrivée, vous apprendrez l’histoire passionnante de la découverte de la Vallée des geysers par deux scientifiques soviétiques, géologue Tatiana Oustinova et son guide local Anisifor Kroupenin en 1941. Malgré leur rapport enthousiaste, il a fallu naturellement attendre la fin de la deuxième guerre mondiale pour que la science soviétique commence à s’intéresser sérieusement à cette trouvaille.

Menacés et métamorphosés à plusieurs reprises après des coulées de boue, les geysers de la Vallée refont surface, de nouveaux apparaissent et la Nature continue à s’épanouir en beauté.

Aujourd’hui des sentiers et des escaliers en bois sont très bien aménagés ; pour peu qu’on ne craigne pas les dénivellations, descendre ou monter des marches, un monde de merveilles est à la portée de tous : les geysers ont tous des noms très amusants et des cycles d’éruption différents. Le Geyser Bolchoï est l’un des plus impressionnants par sa puissance, par la durée de son éruption (3-4 minutes) mais aussi parce qu’on peut l’approcher de très près et choisir parmi 3 hauteurs possibles l’angle de vue sous lequel le photographier en pleine éruption.

Du coup, vous êtes tantôt arrosé par des éclats de l’eau chaude, tantôt envahi par la vapeur blanche, tantôt caressé par un vent chaud jusqu’au moment où épuisé il se calme en laissant apparaitre une cavité appelé « baignoire » toute vide. Parmi les autres choses qui m’ont marqué personnellement, une immense marmite de boue couleur terra cota qui crache de la boue bouillante et les deux antres à vapeur appelés « portes de l’enfer ».

Ils sont comme deux immenses terriers d’un mètre et demi de hauteur qui crachent de la vapeur dans une sorte de respiration terrifiante. Le reste je vous laisserai le découvrir par vous-même 😊

La Caldeira d’Uzon

Comme tous les ans, nous allons nous poser ensuite dans la caldeira d’Uzon (prononcé en russe « Ouzone »), à 14 km de la Vallée des geysers et à peine 10 minutes de vol.

L’immense volcan Uzon s’est effondré sur lui-même après une intense éruption explosive il y a plus de 40.000 ans en créant une caldeira de plus 100 km² entourés des parois de 200 à 900 mètres de hauteur.

Ce lieu est un théâtre unique au monde du volcanisme actif, avec plus de 1000 sources chaudes, des marmites de boue, des mini-volcans et des fumeroles. Ce laboratoire terrestre attise une curiosité de tous les scientifiques : géologues, volcanologues, chimistes, biologistes, botanistes etc.

On dit que le pétrole le plus jeune de la planète s’est formé ici il y a à peine 50 ans. Dans deux lacs indépendants de la caldeira, deux types particuliers d’ombles chevaliers titillent la curiosité des ichtyologistes.

Des ours se gavent de baies, des milliers des canards, des oies, des cygnes choisissent ce paradis au moment de leur migration. Autant dire qu’ici aussi le bodyguard, homme ou femme mais toujours armé d’un fusil, est une obligation incontournable.

La Vallée de la Mort

Nous n’irons évidemment pas à la Vallée de la Mort à 7 km de la Vallée des geysers. Cet endroit d’à peine 2 km sur 300 mètres est mortel à cause de gaz hautement toxiques et concentrés qui y refont surface. Des insectes, des oiseaux et même des ours trouvent la mort ici si par malchance ils tardent à partir lors d’une éruption de gaz dont la composition est complexe et agit directement sur le système nerveux. Même dans la caldeira d’Uzon, le lac Foumarolnoïe a des zones dangereuses d’évaporation d’amiante et de sulfure d’hydrogène qu’on évitera naturellement.

Notre dernier arrêt fut la rivière Zhoupanova où les amateurs de pêche ont tiré de l’eau plus d’une truite arc en ciel.

Les autres ont profité des sources chaudes. J’ai passé mon temps à regarder la berge en face parce que l’année dernière nous avions vu un ours y pêcher ; mais cette fois-là il n’est pas venu… La Nature est imprévisible et chaque voyage forcément unique : pas de regret, nous en avons vu tellement cette année !

La Vallée des geysers fait naturellement partie de notre voyage annuel « Opéra sauvage ». Nous prévoyons par sécurité plusieurs jours à Petropavlovsk afin de mettre toutes les chances de notre côté face aux aléas de la météo. Depuis toutes ces années, le vol vers la Vallée des geysers et la caldeira d’Uzon a toujours eu lieu et je les retrouve avec un plaisir toujours renouvelé. Cette journée est toujours citée comme l’une de plus belles du voyage dans les retours de nos voyageurs et le dépaysement est total. Mais la Vallée de geysers n’est qu’un des puzzles qui compose notre grand voyage à travers le Kamtchatka, du nord au sud. C’est un kaléidoscope d’émotions et de découvertes pour celles et ceux qui veulent vivre l’extraordinaire. Prochain article Volcan Tolbachik – planète Mars.

Julia Rugens

  • kamtchatka
  • Russie

Julia Snegur

Julia, diplômée en sociologie et en géopolitique, grande voyageuse, notre chère collègue et responsable de la communication

A propos de l'auteur

Julia Snegur

Julia, diplômée en sociologie et en géopolitique, grande voyageuse, notre chère collègue et responsable de la communication

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