Balto, le chien inspirateur de l’Iditarod en Alaska

1 mars 2019
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Nombreux sont les héros qui ont inspirés des films, des aventures, des livres… et des articles de blog ! Mais aujourd’hui, j’ai envie de parler d’un héros hors norme, puisqu’il s’agit d’un chien. Un husky sibérien plus exactement, né en Alaska, dont l’incroyable épopée continue aujourd’hui à inspirer nombre de ses comparses… ou plutôt de leurs maîtres, d’expérimentés mushers, qui affrontent l’hiver rude de l’Arctique en son honneur lors d’une compétition annuelle en conduite de chiens de traîneau baptisée Iditarod – du nom local de la rivière d’Alaska et de la ville fantôme liée à la ruée vers l’or. Le nom de ce chien de légende : Balto.

Gunnar Kaasen et Balto, Alaska
Gunnar Kaasen et Balto, Alaska

Balto, un chien qui travaillait à la mine les premières années de sa vie

Personne ne présageait du destin incroyable de Balto. Pour commencer, il ne fut pas jugé suffisamment beau pour les éleveurs et fut donc castré à 6 mois. Il mena ensuite une vie de dur labeur, tirant les traîneaux pour aider les mineurs, alors très présents dans la région. Un quotidien pas forcément facile qui dura jusqu’à ses 6 ans …

Et c’est là que notre histoire à proprement parler débute. Tout commence en 1925 à Nome, au fin fond de l’Alaska. Située sur la Péninsule de Seward à environ 850 km à vol d’oiseau d’Anchorage, on ne peut pas dire que Nome soit le lieu le plus accessible sur terre… Aujourd’hui encore d’ailleurs, on n’y accède pas aussi facilement que ça : elle n’est reliée ni par la route ni par un ferry régulier. Le plus simple reste les airs, éventuellement le bateau sur certaines croisières. Restent pour les plus courageux la motoneige ou le traîneau à chiens en hiver.

Nome, Alaska
Nome, Alaska

L’Iditarod commence par une épidémie qui touche le village de Nome

Revenons en 1925 et plus particulièrement en plein hiver. La diphtérie se développe dans le village de Nome, notamment chez les enfants, effrayant bien évidemment la population locale qui a peur d’une propagation aux conséquences évidemment terribles dans un lieu si reculé. Déjà 8 décès et 22 enfants touchés quand tout le monde prend conscience qu’il faut réagir. Il faut savoir que les petits Inuits sont particulièrement vulnérables face à cette « maladie de l’homme blanc ». Seulement on ne trouve pas le médicament adéquat en zone inuit (les seules doses qui leur restent étant périmées) et il faut rapporter ce dernier d’Anchorage, en plein blizzard, alors que la région traverse son hiver le plus froid en 20 ans : il fait environ -45°C, sans compter le vent encore bien plus froid. Il est donc décidé que l’antidiphtérique prendra le train jusqu’à Nenana, l’arrêt le plus proche de Nome. « Plus que » 765 km à parcourir. La seule solution qu’il leur reste pour atteindre Nome est le traîneau à chiens. Un grand relais est alors organisé avec les mushers les plus expérimentés de la région, incluant le norvégien Leonard Seppala, maître de Balto. Mais ce ne sera pas encore le moment de gloire pour Balto, Seppala ne l’estimant pas suffisamment rapide pour courir parmi ses meilleurs chiens. En tête de meute, Togo. Les équipes doivent se retrouver entre Nenana et Nome, à Nulato. Environ 650 km aller-retour à parcourir malgré une météo épouvantable.

Tempête de neige en Alaska
Tempête de neige en Alaska

Seppala, reconnu dans le milieu, se voit confier une partie de la route particulièrement dangereuse – à travers le Norton Sound – mais pouvant permettre d’économiser une journée de trajet. Au vu de la complexité de la mission, d’autres mushers sont dépêchés, incluant l’assistant de Seppala, Gunnar Kaasen, qui emmène avec lui Balto en tête de meute. Kaasen et son équipe ont pour mission de parcourir l’avant-dernière étape du relais dans des conditions si terribles que le traîneau aura été, entre autres difficultés, soulevé par le vent, risquant de perdre toutes les doses. Le musher ne parvient même pas à voir les premiers chiens attelés au traîneau. Il atteindra malgré tout Port Safety, où il est prévu qu’il soit relayé. Mais Ed Rohn, le musher suivant, s’est endormi, épuisé, et a perdu 2 chiens en route. Kaasen décide alors de parcourir lui-même les 40 kilomètres restants, et apporte à Nome la précieuse cargaison après 87 km de course contre la montre et la météo, grâce à l’intuition et au flair incroyable de Balto qui trouve la piste et ne la perd pas dans le blizzard. Kaasen et Balto sont alors accueillis en héros et le village est sauvé. Au final, le trajet n’aura duré que 5 jours, un exploit quand on pense que cela prend normalement 13 jours.

Traîneau à chien en Alaska
Traîneau à chien en Alaska

Balto, Seppala et Togo, les chiens les plus connus d’Alaska

Ceci dit rendons à César ce qui appartient à César : on parle beaucoup de Balto mais Seppala et Togo sont considérés par beaucoup de mushers comme les vrais héros, ayant parcouru avec leur équipe 420 kilomètres (dont une journée exceptionnelle de 135 km), soit 5 fois la distance parcourue par les autres équipes.

Au final, Togo resta auprès de son maître tandis que Balto finit par être revendu. Il fut retrouvé quelques années plus tard, maltraité comme les autres chiens de son nouveau maître. Horrifié, George Kimble, qui avait retrouvé Balto, leva des fonds pour racheter les chiens. Il réussit à réunir les 2000 $ exigés en 10 jours grâce à l’aide de la presse et à la bonne volonté de tout à chacun, touchés par son histoire. Ils furent réfugiés au zoo de Brookside, à Cleveland, où ils firent leur entrée en fanfare le 19 mars 1927 et purent finir leurs jours de manière décente.

Balto à Central Park, New-York
Balto à Central Park, New-York

Aujourd’hui, on retrouve Balto au musée d’histoire naturelle de Cleveland, mais aussi sa statue à Central Park en plein New York ou encore en film à travers le film d’animation du même nom sorti en 1995. Mais c’est bel et bien en Alaska qu’il faut aller si l’on souhaite retrouver une bribe de l’adrénaline qu’a pu ressentir Balto et son maître en 1925. Contactez-nous, Nord Espaces vous a concocté un voyage sur les traces de Balto et de Togo.

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Natacha Narolewski

Natacha est responsable de la production des séjours en Islande, Alaska, Ecosse et Canada. Notre chère collègue, elle est aussi auteur de nombreuses publications, y compris dans la presse touristique. Une véritable professionnelle du tourisme, forte de son expérience de 10 ans et de la passion pour les voyages qu'elle sait transmettre.

A propos de l'auteur

Natacha Narolewski

Natacha est responsable de la production des séjours en Islande, Alaska, Ecosse et Canada. Notre chère collègue, elle est aussi auteur de nombreuses publications, y compris dans la presse touristique. Une véritable professionnelle du tourisme, forte de son expérience de 10 ans et de la passion pour les voyages qu'elle sait transmettre.

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