Samara, des pirates de la Volga à Gagarine sans oublier Staline

19 juin 2018
  • Culture & Géo / Alerte TV
  • Nord Espaces a testé pour vous…

La coupe du monde de football 2018 en Russie est l’occasion pour le public français d’aller découvrir la 6ème ville de Russie (près d’1,2 million d’habitants et 2,5 si on élargit à l’ensemble de l’agglomération). Si les sonorités du nom de Samara évoque l’Orient des Routes de la Soie, la ville située à un peu moins de 900km au sud-est de Moscou – à proximité du Kazakhstan – est surtout un important centre industriel et reste largement méconnue. Qui sait que, selon une hypothèse scientifique (Kourgane – 1956) qui croise plusieurs disciplines, la région de Samara est considérée comme le foyer originel des Indo-Européens ? Se souvient-on des pirates de la Volga qui ici précisément attaquaient les bateaux commerçants qui utilisaient la Volga, les pillaient et allaient se réfugier dans les Monts Jigouli à proximité après avoir pris la place à la Horde d’Or du fils aîné de Gengis Khan qui dominait Samara ?

A la rigueur, certains passionnés se souviendront que curieusement la marque de voitures russe la plus connue, Lada, dont l’usine se trouve à 100 km de Samara, avait choisi de baptiser l’un de ses modèles Lada Samara et un autre, précédemment Jigouli (dérivé de la Fiat 124). A partir de 1990, des Lada Samara T3 ont participé au Paris-Dakar ou au Rallye des Pharaons avec des pilotes comme Jacky Ickx, Patrick Tambay et Hubert Auriol et n’y ont pas fait que de la figuration.

 

C’est qu’à Samara, l’industrie est reine certes, mais, plus encore, les prouesses techniques qui font pétiller les cerveaux des ingénieurs et concepteurs : c’est ici, à Samara, qu’a été conçu et construit le véhicule spatial Vostok qui allait emmener le premier homme dans l’espace, Youri Gagarine.

 

Pilote d’avion, Youri Gagarine a plusieurs atouts : sa taille lui permet de se glisser dans le Vostok, il est d’une exigence rare et d’une capacité de concentration hors du commun, et enfin il a un sourire russe qui illuminera les unes de la presse mondiale. Le 12 avril 1961, Youri Gagarine devient officiellement le premier être humain à aller dans l’espace au cours d’une mission qui durera 1h48 précisément.

 

Mais il n’y a pas que dans la technique spatiale que les ingénieurs de Samara s’activent : lors de la seconde guerre mondiale, en 1941, alors que la situation de la Russie devient critique, c’est à Samara que Staline décide de déplacer 2 industries aéronautiques mais aussi toutes les structures politiques du pays. Et pour protéger les décideurs, il ordonne la construction d’un bunker impressionnant, à 37 mètres sous la surface du sol, qu’il est possible aujourd’hui encore de visiter, preuve qu’architectes et ingénieurs de la construction savaient travailler dans la durée.


Si la Volga est un élément géographique clé pour Samara, avec même à proximité le plus grand réservoir d’eau d’Europe, – celui de Kouïbychev, 6.450 km² ! – c’est sa localisation à moins de 200 km de la frontière du Kazakhstan qui donne à Samara un climat continental humide : cela veut dire des amplitudes de températures très fortes, mais les supporters d’équipes de football qui se rendront en été à Samara peuvent compter sur une température moyenne d’une vingtaine de degrés, bien loin des températures hivernales.

Compte tenu de sa taille, Samara a développé dès 1915 un réseau de transports par tramways assez dense (23 lignes, 139 stations) et une ligne de métro avec 10 stations réparties sur près de 13 km en 2007.

Les plus nostalgiques ou les plus curieux en matière de transports feront un petit tour par la gare ferroviaire de Samara où ils pourront contempler une vieille locomotive à vapeur de l’époque soviétique, avec son étoile rouge, soigneusement entretenue et protégée.

Pour les amateurs d’histoire, il est possible de faire un voyage dans le temps le temps d’un repas. Le  restaurant Staraïa Kvartira vous replonge dans l’ambiance des années 50, avec la déco  de l’époque soviétique !

Ambiance garantie (jusque dans les plats diront quelques rares convives, la plupart saluant l’originalité du concept dans toutes ses dimensions). Et peut-être, en fin de dîner, sous l’effet du vin de Crimée, les supporters de football reprendront-ils la chanson des Beatles : Oh, show me around your snow-peaked mountains way down south Take me to your daddy’s farm Let me hear your balalaika’s ringing out Come and keep your comrade warm I’m back in the U.S.S.R. Hey you don’t know how lucky you are boys Back in the U.S.S.R.

Une petite visite guidée ?

Une page se tourne avec la construction du nouveau stade de football de Samara : le Cosmos Arena de Samara accueillera 45.000 spectateurs et son coût est évalué à 320 millions de dollars. Surtout, il sera celui qui aura la plus grande emprise au sol (240 ha) dépassant même le stade Loujniki de Moscou. Après avoir été envisagé sur une île au sud de Samara, donc difficile d’accès ou à évacuer, il a été construit dans les quartiers nord industriels et résidentiels générant une spéculation foncière importante. Il vient remplacer le stade Metallurg.

C’est au stade Metallurg de Samara que les grands -mères de Bouranovo ont tourné leur clip de soutien aux supporteurs. Qui a dit que le football était pour les hommes et pour les jeunes?  Ce groupe folklorique arrivé en 2ème position au concours de l’Eurovision 2012.

Classement Knight Frank

Mais il ne faudrait pas croire que Samara est une ville pour nostalgiques, qui serait figée dans le passé ou les traditions. A l’automne 2016, le très sérieux cabinet Knight Frank, spécialiste de l’immobilier d’entreprise, établissait un classement européen des villes de plus d’un million d’habitants offrant les meilleurs centres commerciaux de qualité. Et surprise, Samara arrive en 3ème position derrière Varsovie et Madrid et devant St Pétersbourg, Paris étant 11ème et Londres 23ème. On pourra objecter que Paris ou Londres propose des commerces individuels de qualité et non des centres commerciaux en centre-ville, mais l’intérêt de ce classement est de montrer que des villes méconnues comme Samara disposent d’atouts y compris pour celles et ceux qui ne seraient pas des supporters de football, avec des centres commerciaux comme Park House ou Kosmoport (Auchan).

Enfin ceux qui sont indifférents au football trouveront malgré tout leur bonheur à Samara puisque la Volga est proche et incite à la promenade, le musée d’art de Samara créé en 1897 propose une remarquable collection d’œuvres russes qui sont autant de témoignages de la fin du 19ème siècle ; c’est d’ailleurs ce que propose de voir entre autres à ses clients Nord Espaces lors de la croisière sur la Volga de Moscou à Astrakhan lors de l’escale à Samara le 9ème jour. Appréciez par exemple avec cette très belle peinture des bords de la Volga de l’artiste Alexeï Stepanov (1858-1923).

Au bord de la Volga (1897), Alexeï Stepanov

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Sébastien

Sébastien, diplômé d’école de commerce, passionné de voyages et d’écriture, Sébastien, reporteur et journaliste, contribue notamment à la communication de Nord Espaces.

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Sébastien, diplômé d’école de commerce, passionné de voyages et d’écriture, Sébastien, reporteur et journaliste, contribue notamment à la communication de Nord Espaces.

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