Papier d’Arménie (1/4)

25 novembre 2019
  • Récits & Carnets de voyage

Petit pays du Sud Caucase de 30 000 km2, l’Arménie est située entre Occident et Asie, entourée au Nord et Nord-Est par la Géorgie et l’Azerbaïdjan, à l’Ouest par la Turquie et au Sud par l’Iran. Ce pays montagneux est celui de l’abricot mais aussi, en plaine, de la vigne et d’autres fruits et légumes gorgés de soleil. L’Arménie s’est affranchie de sa puissante tutrice russe en accédant à l’indépendance en 1991. C’est cette jeune république que Nord Espaces me proposa de découvrir en juin 2019.

Arménie, juin 2019

L’Arménie aux vents de l’Histoire

Après un vol Paris – Moscou – Erevan, me voici dans la capitale où vivent un tiers des 3 millions d’Arméniens, 7 autres millions constituant la diaspora répartie dans 120 pays. Erevan tiendrait son nom d’Eremoni (« Victoire »), la forteresse construite en 782 avant JC par le roi Arguichti. Depuis 2 800 ans avant JC, époque à laquelle remontent les premières traces d’habitation, l’Histoire n’a pas épargné l’Arménie. Erevan porte donc bien son nom.

Erevan, juin 2019

La civilisation arménienne est l’une des plus anciennes encore vivantes. Mais après que le royaume d’Urartout (ancien nom de l’Arménie) eut fondé son existence politique entre les 9ème et 7ème siècles avant JC, le pays fut « prisonnier » des conflits que se livrèrent les grands empires se disputant son territoire : Assyriens, Perses, Grecs, Romains, Turcs, Mongols imposèrent successivement leur domination. Même le génocide du début du 20ème siècle, page la plus noire et cruelle de l’histoire nationale, n’a pas anéanti la volonté de survivre des Arméniens. Ceux-ci s’attachèrent à défendre leur territoire, leur culture et leur religion pour préserver et affirmer leur identité face aux tragédies et à l’adversité.

Erevan, juin 2019

Une jeune république en marche vers la modernité

Au cours de mon voyage, j’ai constaté la juxtaposition des traces encore visibles de l’effondrement du régime soviétique et d’un mode de vie oriental. A la sortie d’Erevan, les banlieues où se concentraient les usines sont grises et tristes, ponctuées de friches industrielles. Le réseau de gazoducs acheminant le gaz russe longe les routes, les habitations, épouse le relief et poursuit sa course hors des villes. Les maisons offrent des façades uniformes, peu amènes, sans fleurs ni fioritures. Mais on découvre derrière avec surprise le côté oriental de l’Arménie, à savoir des jardins tels des oasis où fleurs et arbres fruitiers s’épanouissent ; ici une glycine courant sur une pergola, là une vigne à la fraîcheur de laquelle sont installés chaises et canapés aux tissus chatoyants, plus loin une fontaine à l’eau musicale… Et puis, comme pour tourner la page, on voit partout en Arménie sortir de terre des habitations de styles variés, des réhabilitations historiques et de nouvelles infrastructures.

Erevan, juin 2019

On sent bien qu’Erevan, capitale de l’Arménie dès 1918, est une ville en pleine mutation, qui bouge, qui vit. En 70 ans, sa population est passée de 30 000 à 1 million d’habitants. Elle est jeune, souriante et avenante. Les soirs d’été, familles et amis se promènent dans les rues, les terrasses des cafés et restaurants sont envahies, la très belle place de la République offre chaque soir un magnifique spectacle eau, son et lumière. Des quartiers très modernes jouxtent les plus anciens et gagnent du terrain. Le métro de 13 km de long compte 10 stations.

Erevan, juin 2019

L’Arménie est donc en marche. Après la révolution de velours de 2018, le nouveau gouvernement veut en finir avec la corruption et trouver des investisseurs étrangers. Les piliers de l’économie sont aujourd’hui l’agriculture, l’informatique, le tourisme, l’exploitation de l’or et du cuivre. Parmi les belles exportations, citons le Brandy et des vins dont la renommée n’est plus à faire ! Les Arméniens de la diaspora sont aussi à l’origine de belles réussites, en revenant s’installer sur la terre de leurs aïeux ou en finançant certains projets, comme le centre Tumo qui forme près de 10 000 jeunes à l’informatique et à la robotique.

Primauté de la famille et de l’Eglise

La famille est toujours le premier point d’ancrage des Arméniens. Comme le disait Charles Aznavour à l’occasion de la création de sa Fondation : « Nous devons faire en sorte que les jeunes aient la possibilité de réaliser leurs rêves chez eux, entourés de ceux qu’ils aiment et de leur famille ». Le respect envers les parents et les anciens cimente toujours la société. Il est inconcevable de les placer en maison de retraite !

Erevan, juin 2019

La religion est le second pilier de la culture nationale. Les baptêmes et mariages sont souvent célébrés dans la plus pure tradition ; les Arméniens fréquentent très régulièrement – voire quotidiennement – leurs églises qui sont autant de lieux de pèlerinage. Au 3ème siècle, l’Arménie fut le premier pays à embrasser la foi chrétienne. Grégoire l’Illuminateur, après 13 ans d’emprisonnement dans une oubliette de Khor Virap, guérit alors le roi Tridat qui se convertit au christianisme. Les notables et le peuple suivirent.

Texte et photos de Lydie, le 9 septembre 2019

https://www.nord-espaces.com/destination/armenie/couleurs-et-saveurs-darmenie/

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Sébastien

Sébastien, passionné de voyages et d’écriture, contribue notamment à la communication de Nord Espaces.

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Sébastien, passionné de voyages et d’écriture, contribue notamment à la communication de Nord Espaces.

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